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OMELIE / Omelie FR

16 gen 2022
16/01/2022 - 2ème dimanche du T.O. de l’année - C

16/01/2022 - 2ème dimanche du T.O. de l’année - C

1ière lecture Isaïe 62,1-5 Psaume 95 2ième lecture 1Corinthiens 12,4-11 Évangile Jean 2,1-12

"Le Seigneur sera satisfait de vous, et votre pays aura un époux". Ce sont les paroles d'Isaïe, une prophétie de nouveauté et de joie. Les personnes qui souffrent seront relevées, consolées, renouvelées : elles auront la certitude et la preuve d'être aimées par leur Dieu et bénies dans toutes les expressions de leur vie. " Comme un jeune homme épouse une vierge, ainsi vos enfants vous épouseront ; comme le fiancé se réjouit de sa fiancée, ainsi votre Dieu se réjouira de vous " : des expressions qui font danser de joie, prophétie qui s'accomplit avec l'arrivée du Messie. Il est l'époux" promis, celui qui réalise la félicité du peuple de Dieu, qui inaugure une ère de joie et de paix. Et c'est précisément de cet âge de la joie dont l'Évangile nous parle aujourd'hui.

L'occasion est une fête de mariage. Les mariés, aux noces desquels Jésus est invité avec sa Mère et les quelques disciples qui le suivent déjà, semblent absents. Pourquoi ? La véritable union nuptiale, dont nous devons nous réjouir, est celle de Dieu avec le peuple. C'est la fête qui offre à Jésus l'occasion de se manifester comme celui qui accomplit la prophétie d'Isaïe. Le véritable époux, pour lequel non seulement le village de Cana mais le monde entier se réjouit, c'est lui, le Fils de Dieu et le Messie. Seule sa mère le connaît et le reconnaît. Même les disciples, qui venaient de commencer à le suivre, ne réalisaient pas son identité la plus vraie et la plus profonde. Le peuple d'Israël est toujours désigné comme l'épouse de Dieu dans les Écritures, mais c'est un peuple qui a peur de Dieu, qui ne le sert pas avec amour, qui ne jouit pas de sa présence, qui ne chérit pas ses paroles, qui l'a presque oublié. La manière dont le peuple traite Dieu rappelle le comportement d'une épouse infidèle qui cherche sa satisfaction ailleurs et donne ses caresses à d'autres. C'est l'origine de la tristesse et du manque d'espoir qui règne dans le peuple : un peuple triste, sans joie, parce qu'il ne se rend pas compte qu'il est aimé et n'est pas capable de donner de l'amour.

À Cana, la première parole prononcée est celle de Marie, la mère. Elle a remarqué le manque de vin sur les tables des invités. Le vin est-il si important ? Lors d'un mariage, le vin est une source de joie, de bénédiction pour la vie du couple. En disant qu'il n'y a pas de vin, Marie attire l'attention sur le manque de joie dans la relation des hommes avec leur Dieu.

Nous comprenons cette note de la mère. Ce sont toutes les personnes qui manquent de joie, précisément parce qu'elles ne vivent pas leur relation sponsale avec Dieu dans l'amour. Marie est certainement plus attentive à cela qu'à l'absence de vin sur la table. Jésus l'a compris. En disant que "son heure n'est pas encore venue", il dit que le moment n'est pas venu pour lui de donner sa vie pour "l'épouse", pour le peuple. Ce n'est pas l'"heure" de ses noces, qui sera plutôt celle de sa passion et de sa mort. En offrant le vin nouveau, tiré des vases qui contenaient l'eau pour le lavage et la purification, il fait comprendre que notre relation avec Dieu ne sera pas extérieure, mais pénétrera jusqu'au plus profond de notre être : elle engendrera alors la joie, la communion, la fête véritable et continue.

Jésus est le véritable époux qui aime et engendre en nous le véritable amour pour le Père, source de la vraie joie. Nous nous joignons aux disciples pour croire en lui, pour fonder sur lui notre foi dans le Dieu de l'amour, qui revêt son épouse de dons et de charismes, comme des bijoux qui la rendent belle et attirante. Elle attire sur elle les regards des hommes pour les diriger tous vers lui, Jésus, qui continue à donner le vrai vin de la consolation et de la joie du cœur. Et tout homme qui adhère au Fils de Dieu, l'Époux, deviendra lui-même un révélateur de l'amour du Père, comme nous l'assure l'Apôtre : "À chacun est donnée une manifestation particulière de l'Esprit pour le bien commun".

En ce jour, Jésus fait boire de l'eau, qui n'est plus de l'eau, transformée d'une eau destinée à la purification en une boisson qui apaise le désir de communion des gens. Il achève ainsi l'épiphanie de Dieu, la manifestation de l'amour de Dieu pour le monde entier : il l'a commencée en se manifestant aux bergers, puis aux Mages, aux pécheurs en sortant des eaux du Jourdain, et il l'achève maintenant en donnant de la joie aux noces du peuple avec son Dieu.

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