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OMELIE / Omelie FR

13 lug 2025
13/07/2025 – 15ème Dimanche T. O. - Année C

13/07/2025 – 15ème Dimanche T. O. - Année C

1ère lecture Dt 30,10-14 Psaume 18 2ème lecture Col 1,15-20 Évangile Lc 10,25-37

« Jésus-Christ est l'image du Dieu invisible » : c'est ainsi que saint Paul nous présente notre Seigneur et Maître. En effet, il avait lui-même dit à son sujet : « Qui m'a vu a vu le Père ». Connaître le Père est vitale pour nous car en connaissant notre Père, nous découvrons aussi qui nous sommes, quelles sont nos possibilités spirituelles, où nous allons aboutir. Ce n'est pas pour rien que Jésus a dit : « La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le Père... et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». Nous pouvons connaître le Père en regardant et en écoutant Jésus : c'est lui qui vit le même amour de Dieu pour l'homme, sa même volonté de salut et sa même sagesse.

L'apôtre, dans la deuxième lecture, nous aide ensuite à connaître le Père et le Fils en nous disant : « Toutes choses ont été créées par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et toutes choses subsistent en lui ».

Si tout est créé « par lui », je serai toujours reconnaissant pour chaque réalité créée, surtout pour chaque homme que je vois autour de moi : il est créé par le Fils ! Et tout est « créé pour lui », donc je regarderai chaque chose et chaque homme avant tout, dans le but de connaître et de faire connaître Jésus, le Fils de Dieu, qui nous transmet, sans falsifications ni interprétations banales, la Parole du Père. C'est encore lui qui nous montre concrètement comment peut devenir notre amour pour Dieu et, par conséquent, l'amour que nous réserverons aux hommes.

Ainsi, notre foi ne reste pas à la merci des fantaisies humaines : nous avons la personne concrète de Jésus, ses paroles et ses attitudes auxquelles nous pouvons nous confronter. De lui, nous pouvons apprendre, et de lui, nous pouvons aussi recevoir la force de l'imiter. Ce qu'il nous communique, par ses paroles et par sa vie, est divin : sa mort et sa résurrection en sont la garantie.

C'est précisément de sa bouche que nous recevons aujourd'hui les paroles importantes pour orienter notre capacité d'aimer. Avant tout, notre amour doit être tourné vers Dieu. Aujourd'hui, cette affirmation nous donne l'impression, en regardant le monde qui nous entoure, d'être hors de la réalité, dans un passé très lointain.

En effet, aujourd'hui, il règne une atmosphère qui nous pousse à n'aimer que nous-mêmes. Les philosophies qui accordent toute leur attention à nos émotions, à ce que nous ressentons, à ce qui apparaît et fait apparaître, à notre propre bien-être physique, sont devenues à la mode. On utilise même des termes qui font penser à l'amour du prochain, mais à condition que cela ne nuise pas à nos propres sentiments et émotions. L'attention est également portée sur le fait de se sentir bon, d'être et de paraître poli, de nous convaincre que nous sommes bien, peut-être meilleurs que les autres, et tout cela sans avoir besoin d'un Dieu. Celui-ci enlèverait à notre moi son importance et sa bonté.

L'enseignement de Jésus, en accord avec celui des prophètes, place l'amour de Dieu au premier plan, et l'amour du prochain comme sa conséquence logique, comme le fruit du premier qui en démontre la bonté et la nécessité. Celui qui aime son prochain pour l'amour de Dieu est libre des réactions imprévisibles de son prochain, qui peut ne même pas se rendre compte que vous l'aimez ou peut interpréter votre amour comme une ingérence, et vous répondre méchamment ou rester indifférent. Si vous aimez Dieu par-dessus tout, vous continuerez à aimer sans vous soucier des réactions provoquées par votre amour.

Jésus a raconté la parabole du Samaritain pour nous montrer ce qu'est le véritable amour. Le Samaritain a aimé le malheureux tout en sachant qu'il était juif et qu'il n'apprécierait donc peut-être pas d'être touché par lui. Il a ensuite donné deux deniers à l'aubergiste pour qu'il continue à s'occuper de l'homme blessé et volé. Selon un Père de l'Église, ces deux deniers représenteraient précisément l'amour de Dieu et l'amour du prochain.

Si vous vous occupez de quelqu'un, vous le ferez avec ce double amour. Ceux qui prétendent n'aimer que Dieu peuvent faire comme le prêtre du temple et le lévite, qui sont passés sans s'arrêter, sans se soucier de la souffrance d'un homme blessé et maltraité.

Celui qui aime l'homme sans aimer Dieu risque de ne donner qu'un bien extérieur, superficiel, matériel, et de laisser l'homme intérieurement mort, sans possibilité de guérison de son âme. Nous voulons obéir à Jésus, qui nous dit : « Va, et toi aussi, fais de même ». Je regarderai les hommes avec le regard de Dieu, je les aimerai avec son cœur : pour y parvenir, j'essaierai d'être toujours attentif à voir le visage du Père et à écouter la Parole de son Fils.

Dans la première lecture, Moïse nous assure que l'amour de Dieu est devenu parole, c'est-à-dire amour qui nous est transmis, et que cette parole « est très proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique ». Nous n'avons aucune excuse, car l'amour même de Dieu est déjà en nous. Nous l'exercerons.