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OMELIE / Omelie FR

31 ago 2025
31/08/2025 – 22ème dimanche T. O. année C

31/08/2025 – 22ème dimanche T. O. année C

1ère lecture Sir 3,17-18.20.28-29 Psaume 67 2ème lecture He 12,18-19.22-24 Évangile Lc 14,1.7-14

La lettre aux Hébreux nous fait remarquer la grande différence entre le peuple de l'Ancienne Alliance et celui de la Nouvelle. Le peuple de l’ancienne alliance avait peur d'être en présence de Dieu. La connaissance qu'il avait de lui le terrifiait. Nous, en revanche, grâce à Jésus bien sûr, nous nous réjouissons de nous approcher de Dieu : avec lui, nous trouvons les anges et les esprits des justes, les saints et surtout le Médiateur de l'alliance, c'est-à-dire Jésus-Christ lui-même, notre Seigneur. Il nous a fait connaître Dieu comme Père, il nous a décrit son amour, mieux encore, il nous l'a fait goûter par sa douceur, sa miséricorde, son attention à tous, petits et grands, pauvres et riches, bons et mauvais.

Dans l'épisode raconté aujourd'hui dans l'Évangile, nous voyons également Jésus attentif à ceux qui l'entourent. Ses yeux sont toujours ouverts, son regard simple voit le sens de ce qui se passe autour de lui. Il veut donner la sagesse même là où il est invité à déjeuner, car là aussi, sous les manques de savoir-vivre, se cachent l'égoïsme et l'orgueil de l'homme. Par contre, il veut toujours orienter tout le monde vers le royaume de Dieu qu'il est venu annoncer. En effet, en disant « quand tu es invité à un mariage... », il pense à l'invitation que Dieu lui-même adresse à tous pour participer à sa joie.

Quand Dieu t'invite à son banquet, ne pense pas que tu mérites quelque chose, ne pense pas que tu es meilleur que les autres : si tu l'es, il le sait certainement, donc tu ne perds rien à te mettre à la dernière place.

Ces paroles s'adressaient en particulier aux pharisiens, qui se considéraient comme les premiers devant Dieu et se sentaient sûrs de leur capacité à observer les lois : ils estimaient ne pas avoir besoin d'un sauveur. Cette conviction les amenait à se considérer comme supérieurs aux autres et à les mépriser en toute liberté.

Pour Dieu, ce n'est pas celui qui est capable d'observer toute la loi qui est juste et qui lui plaît, mais celui qui aime le Fils qu'il a envoyé pour nous aimer, nous pardonner, nous instruire, nous sauver.

Celui qui aime Jésus sait donc que c'est à lui que revient le mérite de son salut et qu'il est la cause de sa grandeur. Celui qui aime Jésus ne ressent pas le besoin de se rendre grand devant les hommes, car pour Jésus, tous sont petits et misérables. La véritable grandeur de l'homme consiste à collaborer avec Dieu pour aimer précisément les personnes les plus faibles, les plus incapables, les plus souffrantes. C'est pourquoi, toi aussi, quand tu voudras donner un banquet, tu feras comme ton Père, et tu inviteras ceux qui ne sont invités par personne, ceux qui ne peuvent te rendre la pareille que par les mains mêmes de Dieu.

La parole de Jésus, qui fait écho et développe celle de la sagesse antique, est une exhortation à l'humilité. Le passage du livre du Siracide est en effet un recueil de dictons riches en véritable sagesse : « Mon fils, accomplis tes œuvres avec douceur, et tu seras plus aimé qu'un homme généreux. Plus tu es grand, plus tu dois être humble, et tu trouveras grâce devant le Seigneur ». Le but de notre vie n'est pas d'être considéré par les hommes, mais par Dieu, notre Père. Et lui, Dieu, aime l'humilité, car Dieu lui-même est humble. Saint François dirait que « Dieu est humilité » ! Jésus, lorsqu'il nous invite à l'imiter, nous invite précisément à l'imiter dans l'humilité. Et Jésus nous met souvent en garde contre l'orgueil et la vanité, tout comme dans la première lecture d'aujourd'hui : « Il n'y a pas de remède à la misérable condition de l'orgueilleux, car en lui est enracinée la plante du mal ».

Même la Mère du Seigneur, Marie, sait qu'elle est aimée de Dieu pour son humilité. L'humilité n'est pas vouloir s'abaisser en ignorant ou en méprisant sa dignité d'enfant de Dieu, mais c'est attribuer à Dieu tout le bien dont nous disposons, y compris nos bonnes qualités, car tout nous vient de lui. Cette humilité, qui sait avoir tout reçu, nous rend conscients d'être débiteurs, et devient donc reconnaissance, puis désir d'imitation. Conscients de la bonté et de la grandeur de Dieu, nous désirons également le faire connaître. Le Siracide nous dit encore : « Il est glorifié par les humbles ». L'humble n'a pas besoin de faire quoi que ce soit pour glorifier Dieu : il est lui-même sa gloire, tout comme Marie.

Nous voulons devenir comme celui qui a été généreux avec nous : c'est pourquoi nous essayons généreusement de donner des signes d'amour là où nous n'aurons pas de contrepartie. Des gestes d'amour gratuit, du temps et de l'énergie donnés sans récompense nous apportent la joie la plus sereine et la plus profonde, car la gratuité nous rend participants de l'être de Dieu !